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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 14:15

Personne ne voudra croire cette histoire. Elle est cependant véridique, car mon grand-père, qui me l'a dite, tenait beaucoup à répéter avant de me la raconter :
- Il faut bien qu'elle soit vraie, mon enfant, sinon je ne pourrais pas te la conter.


Voilà donc l'histoire : ça se passait en automne, un dimanche matin. Le soleil s'était levé bien brillant dans le ciel, le vent du matin caressait les chaumes d'une chaude haleine, les alouettes chantaient, les abeilles butinaient dans les fleurs et les gens endimanchés se rendaient à l'église. Tout le monde était content. Le hérisson aussi.
Le hérisson se tenait devant la porte de sa maison, les bras croisés, le regard dans le vent, entonnant une chanson ni bien ni mal, comme peut le faire un hérisson par un beau dimanche matin. Tout en chantant, il lui vint à l'idée que, pendant que sa femme lavait et habillait les enfants, il pourrait bien faire un bout de promenade à travers champs, pour voir ce que devenaient les navets. Les navets n'étaient pas loin de sa maison il s'en nourrissait avec sa famille et, par conséquent, les considérait comme sa propriété personnelle. Le hérisson tira derrière lui la porte de la maison et prit le chemin du champ. Il n'était pas encore très loin et s'apprêtait justement à contourner un buisson de prunelliers, avant de monter vers le champ, quand il rencontra le lièvre qui était en route avec les mêmes intentions que lui : il voulait aller voir ses choux. Le hérisson le salua amicalement. Le lièvre, monsieur très considérable en son genre et horriblement fier, ne lui rendit même pas son salut, se contentant de lui dire d'un air mielleux :
- Comment se fait-il que tu te promènes dans les champs de si bon matin ?
- je me promène, répondit le hérisson.
- Tu te promènes ? ricana le lièvre. J'ai l'impression que tu pourrais te servir de tes jambes à meilleur usage.
Ce discours irrita énormément le hérisson, car il supportait toutes les plaisanteries, sauf celles ayant trait à ses jambes que la nature avait faites torses.
- T'imaginerais-tu, dit-il au lièvre, que tu peux mieux faire que moi avec tes jambes ?
- Je me l'imagine ! lui dit le lièvre.
- Eh bien ! dit le hérisson, nous allons voir. Je suis sûr de te dépasser si nous faisons une course.
- Tu plaisantes ! Toi, avec tes jambes tordues ? dit le lièvre. Mais enfin, d'accord, si tu y tiens absolument. Que parions-nous ?
- Un louis d'or et une bouteille de vin, dit le hérisson.
- Accepté, répondit le lièvre. Topons là et on pourra y aller.
- Non, ce n'est pas si pressé, dit le hérisson. Je suis encore à jeun. Je vais d'abord aller à la maison pour prendre mon petit déjeuner. Dans une demi-heure, je serai de nouveau ici.

Le lièvre accepta et le hérisson s'en alla. En chemin, il pensa : « Le lièvre s'en remet à ses longues jambes. Mais je l'aurai quand même. Il a beau être un monsieur considérable, il n'en est pas moins un pauvre sot. Il faudra bien qu'il paye ! » Quand il arriva chez lui, il dit à sa femme :
- Femme, habille-toi vite, il faut que tu viennes aux champs avec moi
- Que se passe-t-il donc ? demanda sa femme.
- J'ai parié un louis d'or et une bouteille de vin avec le lièvre. Nous allons faire une course et il faut que tu sois présente.
- Ah ! Mon Dieu ! se mit à gémir dame Hérissonne. Serais-tu fou ? Tu as donc perdu complètement la raison. Comment peux-tu faire un pari, pour une course avec un lièvre ?
- Tais-toi, femme ! dit le hérisson. Cela me regarde. Ne t'occupe pas des affaires des hommes. En avant, marche ! Habille-toi et viens !


Il n'y avait rien à faire : elle dut le suivre, bon gré, mal gré.
En cours de chemin, le hérisson dit à sa femme :
- Écoute bien ce je vais te dire ; tu vois, c'est dans ce champ que nous allons faire la course. Le lièvre court dans ce sillon, moi dans cet autre. Nous partirons de là-bas. Tu n'as rien d'autre à faire qu'à te placer au bout de ce sillon et quand le lièvre arrivera, tu diras : « je suis déjà arrivé ».
Arrivé sur place, le hérisson laissa sa femme à un bout du champ et se rendit à l'autre extrémité. Le lièvre l'attendait.
- On peut y aller ? demanda-t-il.
- Bien sûr, répondit le hérisson.
- Eh bien ! Allons-y !
Et chacun de prendre place dans son sillon. Le lièvre compte :
- Un, deux, trois. Et il démarra avec la vitesse d'un vent d'orage. Le hérisson lui, ne fit que trois ou quatre pas, se coucha au fond du sillon et ne bougea plus.


Lorsque le lièvre en plein élan arriva au bout du champ, la femme du hérisson lui cria :
- Je suis déjà ici
Le lièvre n'en revenait pas. Il croyait que c'était le hérisson lui-même qui lui parlait. Sa femme avait exactement la même apparence que lui. Mais le lièvre dit :
- Ce n'est pas naturel.
Et il s'écria :
- Je vais recourir dans l'autre sens !
Et, de nouveau, il partit comme une tempête, et ses oreilles en volaient au-dessus de sa tête. La femme du hérisson resta tranquillement à sa place. Quand le lièvre arriva à l'autre extrémité du champ, le hérisson lui cria :
- Je suis déjà ici !
Le lièvre, que la passion mettait hors de lui, s'écria :
- On refait le même chemin ?
- Ça m'est égal, dit le hérisson. Aussi longtemps que tu voudras.
Et c'est ainsi que le lièvre courut encore soixante-treize fois et le hérisson gagnait toujours. Chaque fois que le lièvre arrivait en bas ou en haut du champ, le hérisson ou sa femme disaient : « je suis déjà ici ! » .


À la soixante-quatorzième fois, le lièvre n'arriva pas jusqu'au bout du parcours. Il tomba au milieu du champ, le sang lui sortant par la bouche. Il était mort. Le hérisson prit le louis d'or et la bouteille de vin qu'il avait gagnés, appela sa femme, et tous deux, bien contents, regagnèrent leur maison. Et s'ils ne sont pas morts depuis, c'est qu'ils vivent encore.
C'est ainsi qu'il arriva sur la lande qu'un lièvre fit la course avec un hérisson jusqu'à en mourir. Et depuis ce jour-là, dans ce pays, aucun lièvre ne s'est laissé prendre à parier pour une course avec un hérisson.

Par Malice - Publié dans : CONTES
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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 11:47
Jamais on n'a vu, jamais on ne verra
La famille Tortue courrir après les rats
Le papa Tortue, et la maman Tortue
Et les enfants Tortues iront toujours au pas.




Par Malice - Publié dans : COMPTINES
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 15:04

Dans une petite maison, tout près de la forêt, vivaient un vieux et une vieille. Un jour, le vieux dit à la vieille :

- J’aimerais bien manger une galette…
- Je pourrais t’en faire une, répond la vieille, si seulement j’avais de la farine.
- On va bien en trouver un peu, dit le vieux : monte au grenier, balaie le plancher, tu trouveras sûrement des grains de blé.
- C’est une idée, dit la vieille, qui monte au grenier, balaie le plancher et ramasse les grains de blé.

Avec les grains de blé elle fait de la farine ; avec la farine elle fait une galette et puis elle met la galette à cuire au four. Et voilà la galette cuite.

« Elle est trop chaude ! crie le vieux. Il faut la mettre à refroidir ! »
Et la vieille pose la galette sur la fenêtre. Au bout d’un moment la galette commence à s’ennuyer.


Tout doucement elle se laisse glisser du rebord de la fenêtre, tombe dans le jardin et continue son chemin.
Elle roule, elle roule toujours plus loin… Et voilà qu’elle rencontre un lapin.

- Galette, galette, je vais te manger, crie le lapin.

- Non, dit la galette, écoute plutôt ma petite chanson.

Et le lapin dresse ses longues oreilles.


« Je suis la galette, la galette,

Je suis faite avec le blé ramassé dans le grenier.
On m’a mise à refroidir, mais j’ai mieux aimé courir !
Attrape-moi si tu peux ! »


Et elle se sauve si vite si vite qu’elle disparaît dans la forêt.
Elle roule, elle roule sur le sentier, et voilà qu’elle rencontre le loup gris.

- Galette, galette, je vais te manger dit le loup.

- Non, non, dit la galette ; écoute ma petite chanson :


 Je suis la galette, la galette,

Je suis faite avec le blé ramassé dans le grenier.
On m’a mise à refroidir,

Mais j’ai mieux aimé courir !
Attrape-moi si tu peux !


Et elle se sauve si vite, si vite que le loup ne peut la rattraper.
Elle court, elle court dans la forêt et voilà qu’elle rencontre un gros ours.

- Galette, galette, je vais te manger grogne l’ours de sa grosse voix.

- Non, non, dit la galette ; écoute plutôt ma chanson !


Je suis la galette, la galette,

Je suis faite avec le blé ramassé dans le grenier.
On m’a mise à refroidir,
Mais j’ai mieux aimé courir !
Attrape-moi si tu peux !


Et elle se sauve si vite, si vite que l’ours ne peut la retenir.
Elle roule, elle roule encore plus loin et voilà qu’elle rencontre le renard.

- Bonjour, galette, dit le malin renard. Comme tu es ronde, comme tu es blonde !

La galette, toute fière, chante sa petite chanson, et pendant ce temps, le renard se rapproche, se rapproche, et quand il est tout près, tout près, il demande :

- Qu’est-ce que tu chantes, galette ? Je suis vieux, je suis sourd, je voudrais bien t’entendre. Qu’est-ce que tu chantes ?


Pour mieux se faire entendre, la galette saute sur le nez du renard, et de sa petite voix elle commence :


Je suis la galette, la galette,

Je suis faite avec le…


Mais, HAM !… le renard l’avait mangée...



 

Par Malice - Publié dans : CONTES
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 11:20
Dans ma basse-cour, il y a
Des poules, des dindons, des oies,
Il y a même des canards
Qui barbotent dans la marre;
Et ça fait cot, cot, cot codec
Et ça fait cot, cot, cot codec
Et ça fait cot, cot, cot codec,
Le rock'n roll des gallinacées,
Yeah !!


Par Malice - Publié dans : COMPTINES
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /Fév /2009 15:18

Je vous propose aujourd'hui un conte pour vos enfants qui ont du mal à ranger !...
Certes, il a un côté moralisateur "à l'ancienne" ! Enfin, vous verrez bien ce que vous en ferez !
Quant à moi, je vais de ce pas le tester !!!

Il y avait une fois un garçon petit qui était si désordonné qu’on l’appelait Jean Malpropre. Il laissait ses livres traîner sur le plancher et mettait ses bottines crottées sur la table ; il fourrait ses doigts dans les confitures et renversait l’encrier sur son tablier neuf. Jamais on n’avait vu pareil désordre.

Un jour, la fée Soigneuse entra dans la chambre de Jean ; et si vous aviez vu la figure qu’elle fit !
- Ça ne peut pas continuer comme ça, dit la fée. Il n’y a pas de fin à votre désordre. Allez dans le jardin et jouez avec votre frère, dit la fée.
- Oh ! si, vous en avez un, dit la fée. Peut-être que vous ne le connaissez pas, mais il vous reconnaîtra bien, lui. Allez dans le jardin et attendez-le. Il viendra certainement.
- Je ne sais pas ce que vous voulez dire, fit Jean ; mais il descendit tout de même au jardin et commença à jouer avec la boue.

Bientôt, un petit écureuil sauta par terre, remuant sa jolie queue touffue.
- Est-ce vous qui êtes mon frère ? demanda le petit garçon.
L’écureuil le toisa du haut en bas.
- Eh bien ! j’espère que non, dit-il. Ma fourrure est bien brossée, mon nid proprement fait et mes enfants sont très bien élevés. Pourquoi est-ce que vous m’insultez avec votre question ?
Il sauta sur un arbre, et Jean Malpropre attendit.

Un petit rouge-gorge arriva en sautillant.
- Êtes-vous mon frère ? demanda Jean.
- Non, vraiment ! fit le rouge- gorge. Il y a des gens d’une impertinence !… Vous ne trouverez personne d’aussi soigné que moi dans tout le jardin, mon cher. J’ai passé toute la toute la matinée à lisser mes plumes, et je voudrais que vous voyiez ma femme couver nos oeufs ! Ils sont si doux et si propres ! Votre frère, en vérité ! Vous n’y pensez pas ! Il hérissa ses plumes, et s’envola, et l’enfant attendit.

Un peu après, arriva un beau chat angora. Il avançait avec précaution pour ne pas se salir les pattes.
- C’est vous qui êtes mon frère ? demanda le petit le petit garçon.
- Allez vous regarder dans la glace ! répartit le petit chat avec hauteur. Depuis ce matin, je me lèche au soleil, et on voit bien que vous ne vous lécher pas, vous ! Il n’y a personne de votre espèce dans ma famille, je suis heureux de vous le dire. Il fit le gros dos et s’en alla, et Jean se sentit assez déconcerté.

Bientôt après, un cochon arriva en trottant. Jean Malpropre n’avait envie de rien lui demander, mais le cochon n’attendit pas longtemps.
- Bonjour, frère, grogna-t-il.
- Je ne suis pas votre frère, dit l’enfant.
- Oh ! que si, dit le cochon. J’avoue que je ne suis pas très fier de vous, mais on reconnaît partout les membres de notre famille. Venez vite ; nous irons prendre un bon bain dans la mare, et nous rouler sur le fumier.
- Je n’aime pas aller vers le fumier, dit Jean.
- Racontez ça aux poules, voulez-vous ? dit le cochon.
Regardez vos mains et vos pieds, et votre tablier ! Venez, allons ! Nous aurons du bon temps, et vous pourrez avoir de la lavasse* et du son pour dîner, s’il en reste.
- Je ne veux pas de lavasse ! cria Jean, et il se mit à pleurer.

Juste à ce moment, arriva la fée soigneuse.
- J’ai tout rangé et tout nettoyé, dit-elle, et il faudra que cela reste ainsi, à présent. Voulez-vous allez avec votre frère ou venir avec moi et apprendre à être propre ?
- Avec vous ! avec vous cria Jean en s’accrochant à la robe de la fée.
- Tant mieux ! grommela le cochon, c’est une petite perte. Il y aura davantage de lavasse pour moi ! Et il s’en retourna.

 

* Soupe ou sauce qui contient trop d’eau

Par Malice - Publié dans : CONTES
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